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|
| Introduction |
| Transport maritime des produits chimiques |
| Méthodologie adoptée |
| Approche statistique |
| Circonstances et risques encourus |
| Réponses opérationnelles et enseignement |
| Annexe: Circonstances des incidents recensés, risques encourus et réponses opérationnelles |
1.- INTRODUCTION
Il existe une grande diversité de situations possibles et un caractère souvent complexe lors d'incidents impliquant le transport de produits chimiques. Pour répondre à la requête émanant de BONN 1998 d'identifier les éléments d'une approche plus stratégique dans le traitement des incidents chimiques, le groupe de travail OTSOPA 1999 a souhaité que les parties contractantes, dans le contexte de leurs dispositifs d'intervention, puissent tirer profit des compétences disponibles lors de tels incidents. Dans un premier temps, il a été convenu de recueillir les renseignements fondamentaux sur les incidents effectivement survenus dans la zone de l'Accord de Bonn, de telle sorte qu'ils puissent être étudiés par BONN 1999. Afin d'être en mesure de procéder à une évaluation collective des leçons tirées, il était demandé aux parties contractantes de communiquer leur expérience dans le domaine des incidents chimiques, ainsi que la manière dont ces incidents ont été traités, pendant les dix dernières années. Il s'est avéré souhaitable, pour fournir une information suffisamment détaillée d'étendre ce travail de compilation sur des incidents survenus, d'une part dans la zone de l'Accord de Bonn durant les deux dernières décennies, d'autre part au-delà de la zone, au niveau européen (France, Espagne, Italie) et dans le reste du monde (Japon, Chine, Brésil, USA).
2.- TRANSPORT MARITIME DES PRODUITS CHIMIQUES
Au cours des vingt dernières années, on a assisté à un développement considérable du transport et du stockage des matières chimiques dangereuses. Les navires qui transportent des produits chimiques véhiculent toute une gamme de produits qui souvent présentent une multitude de difficultés et de risques en cas d'incidents. Le transport maritime des substances dangereuses peut se faire en vrac ou en colis. Le transport en vrac s'effectue, soit à bord de transporteurs de produits chimiques dans le cas de substances liquides dans les conditions ambiantes, soit à bord de transporteurs de gaz dans le cas de substances gazeuses. La capacité des navires-citernes pour produits chimiques varie entre 400 m3 et 40 000 m3, celle de leurs citernes entre 70 m3 et 2 000 m3 environ. La capacité des navires transportant des gaz liquéfiés est variable, pouvant atteindre 100 000 m3 /1/. Les normes internationales de construction des navires transportant des produits chimiques sont régies par l'OMI : recueil IBC pour les produits chimiques en vrac, recueil IGC pour les gaz liquéfiés en vrac, recueil BC pour les solides en vrac.
Les principaux produits chimiques transportés en vrac, peuvent être groupés dans plusieurs catégories :
L'annexe II de la Convention MARPOL 73/78 traite de la pollution par les substances liquides nocives transportées en vrac. Ces substances sont réparties en quatre catégories (A, B, C, D) en fonction des risques (décroissants) qu'elles présentent pour le milieu marin.
La réglementation du transport maritime des substances chimiques transportées en colis est décrite en détail dans le code IMDG, intégré dans l'annexe III de la Convention MARPOL 73/78 qui traite de la pollution par les substances transportées en colis. Le code IMDG répartit les substances nuisibles transportées par mer en 9 classes de produits :
Par rapport au risque chimique lié au transport par voie de mer, plusieurs guides opérationnels ont été publiés par différentes instances internationales, régionales et nationales. Citons les manuels de l'OMI /1/ /2/ /3/, ceux du REMPEC pour la Méditerranée /4/ /5/, de la Convention d'Helsinki pour la mer Baltique /6/, le manuel de l'Accord de Bonn pour la Mer du Nord /7/ et autres documents nationaux, comme le logiciel ELSA (Emergency Level Scale-Procedure) mis au point aux Pays-Bas /8/.
Dans une première phase, avant de procéder à des études de cas d'incidents ou d'accidents chimiques, nous avons recherché à exploiter, au niveau statistique, les déversements accidentels de produits chimiques les plus fréquents depuis les navires et les installations de manutentions portuaires. Cette première approche a pu être réalisée en utilisant les données statistiques de la garde côtière américaine /9/.
Dans une seconde phase, nous avons répertorié les accidents survenus dans la zone de l'Accord de Bonn, portés à notre connaissance. Nous avons étendu l'analyse à d'autres accidents renseignés survenus dans les eaux européennes et ailleurs, afin de disposer d'une information suffisante permettant de dégager des enseignements représentatifs du risque chimique. La trame adoptée, dans la mesure de l'information disponible, est la suivante :
Le travail d'analyse, plus ou moins complet, selon l'information disponible, a pu être réalisé sur 23 incidents(1) (tableau 1 et annexe), dont 14 se situent dans la zone de l'Accord de Bonn. A des fins de commodités, nous avons classé les incidents en plusieurs groupes distincts selon le mode de transport maritime (colis ou vrac) et pour les produits en vrac selon le type de comportement après déversement en mer :
------------------------------
(1) Nous n'avons pas tenu compte dans ce travail des incidents mineurs mentionné par les deux délégations hollandaise et allemande; ils sont mentionnés à titre d'information en annexe du tableau 1.
L'étude statistique réalisée par la garde côtière américaine (USCG) /9/ recense aux Etats-Unis, sur 5 ans (1992-1996), 423 déversements de substances dangereuses à partir de navires ou d'installations à quai, soit une moyenne de 85 déversements par an. La totalité de ces déversements représente une quantité de 7 500 tonnes, dont la moitié à elle seule, correspond à de l'acide sulfurique. Les 9 produits les plus fréquemment déversés (tableau 2) représentent des produits qui se dissolvent dans l'eau (acide sulfurique, acide phosphorique, soude caustique), des produits qui s'évaporent et se dissolvent dans l'eau (acrylonitrile, acétate de vinyle) et des produits de base de la pétrochimie qui flottent et/ou s'évaporent (benzène, toluène, xylène, styrène).
L'origine des déversements provient pour 54 % des navires (principalement de barges de transport) et pour 66 % des installations (dans la mesure où le déversement provient de l'installation elle-même ou du navire à quai). Une étude complémentaire réalisée sur 13 ans (1981 – 1994) sur les 10 plus importantes zones portuaires recense 288 déversements de substances dangereuses, soit 22 incidents chaque année.
A notre connaissance, nous ne disposons pas de ce type de statistiques à l'échelle européenne ou plus spécifiquement au niveau de la zone de l'Accord de Bonn.
Tableau 1 : Etude de cas d'incidents chimiques en mer
|
Nom du navire |
Année |
Produits chimiques |
Pays |
Zone marine |
Accord de Bonn |
|
¬ PRODUITS TRANSPORTES EN COLIS |
|||||
|
SINBAD |
1979 |
Chlore |
Hollande |
Mer-du-Nord |
(*) |
|
CASON |
1987 |
Sodium, aniline, crésol, diphényle di-isocyanate |
Espagne |
Atlantique |
|
|
PERINTIS |
1989 |
Lindane |
France |
Manche |
(*) |
|
OOSTZEE |
1989 |
Epichlorhydrin |
Allemagne |
Mer-du-Nord |
(*) |
|
ARIEL |
1992 |
White spirit |
Hollande |
Mer-du-Nord |
(*) |
|
SHERBRO |
1993 |
Pesticides |
France |
Manche/Mer-du-Nord |
(*) |
|
ROSA M |
1997 |
Matières dangereuses |
France |
Manche |
(*) |
|
APUS |
1998 |
Solides inflammables (allumes feux) |
Hollande |
Mer-du-Nord |
(*) |
|
BAN-ANN |
1998 |
Sulphur-phosphine |
Hollande |
Mer-du-Nord |
(*) |
|
EVER DECENT |
1999 |
Matières dangereuses |
Grande Bretagne |
Mer-du-Nord |
(*) |
|
PRODUITS EN VRAC QUI SE DISSOLVENT |
|||||
|
ANNA BROERE |
1988 |
Acrylonitrile (DE) |
Hollande |
Mer-du-Nord |
(*) |
|
ALESSANDRO |
1991 |
Acrylonitrile (DE) |
Italie |
Méditerranée |
|
|
PANAM PERLA |
1998 |
Acide sulfurique (D) |
- |
Atlantique |
|
|
BAHAMAS |
1998 |
Acide sulfurique (D) |
Brésil |
Atlantique |
|
|
® PRODUITS EN VRAC QUI FLOTTENT |
|||||
|
LINDENBANK |
1975 |
Huile de noix de coco (F) |
Hawaï |
Pacifique |
|
|
KIMYA |
1991 |
Huile de tournesol (F) |
Grande Bretagne |
Mer-du-Nord |
(*) |
|
GRAPE ONE |
1993 |
Xylène (FE) |
Grande Bretagne |
Manche |
(*) |
|
N° 1 CHUNG MU |
1995 |
Styrène (FE) |
Chine |
Mer de Chine |
|
|
ALLEGRA |
1997 |
Huile de palmiste (F) |
France |
Manche |
(*) |
|
¯ PRODUITS EN VRAC QUI COULENT |
|||||
|
NORAFRAKT |
1992 |
Sulfure de plomb (S) |
Hollande |
Mer-du-Nord |
(*) |
|
FENES |
1996 |
Blé (S) |
France |
Méditerranée |
|
|
° PRODUITS EN VRAC GAZEUX OU QUI S'EVAPORENT |
|||||
|
YUYO MARU N° 10 |
1974 |
Propane (G) |
Japon |
Baie de Tokyo |
|
|
ASCANIA |
1999 |
Acétate de vinyle (ED) |
Grande Bretagne |
Mer-du-Nord |
(*) |
Annexe : Autres incidents mineurs signalés dans la zone de l'Accord de Bonn
|
Nom du navire |
Année |
Produits chimiques |
Pays |
|
|
? |
1992 |
Acide chlorhydrique |
Hollande |
Petits fûts de 60 litres trouvés en mer. |
|
? |
1996 |
Aluminium-phosphate |
Hollande |
Récupération sur la plage de sachets contenant de l'aluminium phosphate. |
|
DART 2 |
1998 |
Acide méthane sulphone |
Hollande |
Perte de 15 fûts de 200 litres. Polluant mineur, aucune action engagée. |
|
EUROPEAN TIDEWAY |
1998 |
Agent détergent |
Hollande |
Perte de 7 fûts de 200 litres contenant de l'alkyl phénol ether phosphate (OLETH-20) considéré comme polluant mineur. Pas d'action engagée. |
|
SABINE D |
1995 |
Malathion |
Allemagne |
Perte d'un conteneur (20 pieds) contenant 78 fûts de malathion après échouement du navire dans le Canal de Kiel. |
|
MARIE BOUANGA |
1998 |
- |
Allemagne |
Collision de deux chimiquiers, sans dommage pour les citernes. |
|
HYDROGAS II |
? |
Dioxyde de carbone |
Allemagne |
Collision dans le Canal de Kiel. Le navire transportait 800 tonnes de gaz carbonique liquéfié. Pas de rupture des citernes. |
Tableau 2 : Déversements accidentels de substances
dangereuses
USA, 1992 – 1995
Total : 423 déversements
|
Principaux produits déversés |
Nombre de déversements |
Classification |
|
86 |
D |
5.- CIRCONSTANCES ET RISQUES ENCOURUS
Circonstances
La majorité des cas recensés a lieu en mer durant la navigation des navires. Sur l'ensemble des incidents chimiques renseignés (tableau 3), seuls quatre cas se sont déroulés en zones portuaires ou dans la zone d'approche immédiate : entrée du port Zhanjïang (accident du n° 1 Chung Mu en Chine), dans la baie de Tokyo (accident du Yuyo Maru n° 10 au Japon), à Rio-Grande (accident du Bahamas au Brésil), sur l'Elbe (accident du Oostzee en Allemagne), ce dernier cas étant le seul survenu dans la zone de l'Accord de Bonn. Les circonstances de ces incidents ont été classés schématiquement en deux groupes, d'une part ceux liés aux aléas de la navigation maritime consécutifs la plupart du temps à de mauvaises conditions météorologiques, entraînant la perte d'une partie de la cargaison, l'échouement, le naufrage ou la collision, d'autre part ceux liés à un événement initial interne au navire comme l'incendie, une structure défaillante du navire, une mauvaise manœuvre (ballastage du navire, arrimage de la cargaison), voire un rejet délibéré de substances.
Tableau 3 : Circonstances des incidents chimiques
|
Causes des incidents |
Transport en colis |
Transport en vrac |
Total |
|
Mauvais temps |
4 |
9 |
13 |
|
2 |
- |
2 |
|
Incident interne au navire |
4 |
4 |
8 |
|
1 |
1 |
2 |
(*) ex : arrimage de la cargaison, manœuvre de pompage, équilibre des ballasts
Le récapitulatif des circonstances (21 cas renseignés sur les 23 traités) est donné dans le tableau 3 qui différencie les deux types de transport maritime, celui du transport en colis (38 % des incidents) et celui du transport en vrac (62 % des incidents). Le mauvais temps et les conséquences qui en découlent (13 cas sur 21, soit 62 %) constitue la cause principale des incidents, entraînant par ordre d'importance des collisions de navires (5 cas), des naufrages (3 cas), des échouements (3 cas) et la perte de cargaison durant la navigation (2 cas).
Risques encourus
Très schématiquement, on peut discerner deux types de risques liés à des incidents chimiques, d'une certaine manière indépendamment de la forme du transport maritime des produits, en vrac ou en colis : ceux touchant les personnes (équipage, personnel d'intervention, population environnante) et ceux concernant plus spécifiquement l'environnement.
Les risques sur les personnes proviennent pour beaucoup de substances réactives (réactivité avec l'air, l'eau ou entre les produits eux-mêmes). Le danger maximal est bien représenté par l'échouement du Cason (Espagne, 1987), suite à un incendie, navire qui transporte de nombreuses substances inflammables, fortement réactives (réactivité du sodium avec l'eau) et toxiques, dont les classes des produits transportés (code IMDG) ne sont pas connues dans les premières heures qui suivent l'accident. L'évaluation du risque chimique pour les navires en difficulté transportant des matières dangereuses diverses constitue une priorité dans les incidents tels ceux du Rosa M (France, 1997), ou de l'Ever Decent (Grande-Bretagne, 1999).
Les risques encourus pour les personnes peuvent être majeurs avec certaines substances transportées en grandes quantités. Les bouteilles (1 tonne chacune) de chlore, gaz hautement réactif et corrosif, perdues par le Sinbad (Hollande, 1979) est un exemple pour le transport en colis. Les émanations de vapeurs d'épichlorhydrine s'échappant des fûts endommagés du Oostzee (Allemagne, 1989) ont gravement nui à l'équipage du navire, puisque plusieurs années plus tard, des cas de cancer, probablement liés à l'incident lui-même, ont été diagnostiqués sur plusieurs personnes, certaines étant décédées durant cette période. Au niveau du transport des produits en vrac, il convient de signaler au moins 4 types de produits, particulièrement réactifs et dangereux. L'acrylonitrile (Alessandro Primo, Italie, 1991, Anna Broere, Hollande, 1988) est un produit toxique, inflammable et explosif ; en cas d'incendie le feu produit le phosgène, gaz hautement toxique. Le styrène (N° 1 Chung Mu, Chine, 1995) peut se polymériser selon une violente réaction exothermique. Les fuites d'acide sulfurique à bord d'un navire (Panam Perla, Atlantique, 1998, Bahamas, Brésil, 1998), constituent un risque pour le navire lui-même, l'acide dilué étant beaucoup plus corrosif que l'acide pur, par ailleurs le mélange d'acide avec l'eau libère de l'hydrogène explosif. L' acétate de vinyle est un produit plastifiant inflammable et polymérisable ; dans le cas de l'incident du Multi Tank Ascania (Grande-Bretagne, 1999), la zone d'explosion était évaluée à 2 km de long sur 1 km de large.
Les dangers pour l'environnement sont variés, notamment avec la perte de produits pesticides, comme la dérive de près de 200 000 sachets de thiocarbamate (Sherbro, France, 1993) dérivant depuis les côtes françaises jusqu'aux littoraux belge, hollandais et allemand ou la perte d'un conteneur de 5 tonnes de lindane (Perintis, France, 1989). On peut signaler également le déversement de 1 600 tonnes de sulfure de plomb (Nordfrakt, Allemagne, 1992) représentant une quantité de plomb équivalente aux apports globaux de ce métal pour l'ensemble de la Mer-du-Nord. Des substances considérées comme non polluantes comme les huiles végétales (Lindenbank, Hawai, 1975, Kimya, Grande-Bretagne 1991, Allegra, France, 1997)) peuvent aussi entraîner des mortalités d'espèces dans l'environnement ou des perturbations dans l'usage du milieu.
Même une substance aussi inoffensive que le blé, produit alimentaire, (Fenes, France, 1997) peut conduire à des situations à risques. La fermentation du blé en milieu marin, en milieu anoxique, conduit au dégagement d'hydrogène sulfuré, gaz hautement toxique qui a nécessité le port de masque de protection pour le personnel d'intervention sur le site.
6.- REPONSES OPERATIONNELLES ET ENSEIGNEMENT
Les réponses opérationnelles apportées aux cas rapportés sont bien évidemment diverses selon les circonstances des incidents ou accidents, les produits chimiques incriminés et les risques encourus. Il est permis toutefois de faire apparaître un certain nombre d'éléments significatifs ou spécifiques aux incidents chimiques en mer.
La première réponse opérationnelle peut être apportée par l'équipage du navire
La réponse opérationnelle extérieure
Des outils spécifiques
L'intervention
L'efficacité de la réponse opérationnelle
La durée des opérations
La communication
Les effets toxiques
L'impact sur l'environnement
REFERENCES
/1/ OMI (1987) Manuel sur la Pollution Chimique Section 1 : Evaluation et intervention, OMI, Londres : 82 pp.
/2/ OMI (1992) Manuel sur la Pollution Chimique Section 2 : Recherche et récupération des marchandises en colis perdus en mer, OMI, Londres : 41 pp.
/3/ OMI (1998) IMO Manual on Chemical Pollution. (new version)
/4/ REMPEC (1996) Compendium of notes on preparedness and response to maritime pollution emergencies involving hazardous substances. REMPEC, Malte.
/5/ REMPEC (1999) Practical Guide for Marine Chemical Spills. REMPEC, Malte.
/6/ HELCOM (1991) Manual on Co-operation in Combatting Marine Pollution within the framework of the Convention on the Protection of the Marine Environment of the Baltic Sea Area, 1974 (Helsinki Convention), vol III Response to incidents involving chemicals.
/7/ BONN AGREEMENT (19..) Bonn Agreement Combating Manual.
/8/ OTSOPA (1990) Introduction of the Emergency Level Scale Procedure for Accidental Spills. 20th meeting BAWG OTSOPA, Uccle 16-19 January 1990. BAWG OTSOPA 20/12/2-t.
/9/ HSSR (1999) Most spills near Gulf ; most spillage
inland ; most were acid.
Hazardous Substances Spill Report Vol II (8) April 1999.
Annexe : Circonstances des incidents recensés, risques encourus et réponses opérationnelles
|
NAVIRE |
CIRCONSTANCES |
PRODUITS CHIMIQUES |
RISQUES |
REPONSES |
BILANS |
|
¬ TRANSPORT EN COLIS |
|||||
|
SINBAD (*) (1979 – Hollande) |
Perte en mer d'une partie de la cargaison, consécutive à du mauvais temps |
Perte de 51 cylindres de chlore (1 tonne chacun) |
Risques liés à la récupération des cylindres dans les chaluts de pêcheurs. Produit toxique pour la santé humaine (inhalation), réactif produisant avec l'eau un acide corrosif. |
Localisation au sonar et récupération rapide de 7 cylindres de chlore. Récupération de 5 autres cylindres par des pêcheurs (absence de sécurité). Recherche 5 ans plus tard des autres cylindres : 27 sont localisés et détruits sur zone (risque inacceptable à cause de la corrosion pour la récupération). 13 cylindres n'ont pas été retrouvés. |
Recherche sur zone de la cargaison perdue. Opération menée sur plusieurs années (5 ans). Destruction sur zone des cylindres de chlore. |
|
CASON (1987 – Espagne) |
Incendie à bord du navire. Echouement à la côte |
Nombreuses substances dangereuses dont le diphényl méthane di-isocyanate (MDI) l'orthocrésol, l'aniline, le sodium |
Cargaison initialement non connue, produits toxiques pour l'environnement et l'homme, produits réactifs conduisant à des réactions explosives. |
Coopération européenne (task-force) et expertise OMI pour
l'identification de la cargaison. |
Difficulté de l'évaluation du risque en l'absence d'une connaissance
immédiate du chargement. |
|
PERINTIS (*)(1989 – France) |
Naufrage du navire au cours d'une tempête |
Transport de pesticides : lindane (5,8 t), perméthrine (1 t),
cyperméthrine (0,6 t). |
Contamination de l'environnement. |
Recherche (sans succès) du conteneur de lindane. Récupération immédiate par le MPCU britannique des fûts de perméthrine et cyperméthrine localisés à proximité de l'épave. Surveillance de la contamination du milieu marin dans la zone présumée de perte du conteneur. |
Coopération franco-britannique. Coopération au niveau national entre les acteurs opérationnels (Marine, Cedre, Ifremer,…) |
|
OOZTZEE (*)(1989-Allemagne) |
Mauvais arrimage et détérioration de fûts à cause du mauvais temps. Incident sur l'Elbe. |
Fuite d'épichlorhydrine à partir de fûts endommagés |
Substance toxique (vapeurs) de nature cancérigène. Produit inflammable. |
Inspection du navire et évacuation de l'équipage vers l'hôpital pour examens médicaux. Remorquage du navire et déchargement en atmosphère de sécurité. Nettoyage du navire. |
Effets à long terme (vapeurs toxiques) sur l'équipage (plusieurs années). |
|
ARIEL (*)(1992 – Hollande) |
Perte de fûts en mer (cause non communiquée) |
Perte de 45 fûts de white spirit échoués sur le littoral |
Contamination de l'environnement en cas de fuite des fûts. |
Récupération des fûts échoués sur le littoral. |
|
|
SHERBRO (*)(1993 – France) |
Perte en mer de 88 conteneurs consécutive au mauvais temps |
10 conteneurs de matières dangereuses, essentiellement des pesticides, dont un thiocarbamate (Apron Plus) (188 000 sachets) |
Dérive des sachets le long des côtes françaises, belges , hollandaises et allemandes. Danger pour l'environnement et produit réactif avec l'eau formant un gaz toxique (phosphine). |
Déchargement des conteneurs désarrimés au port de Brest. Stockage
spécifique (sous bâche) des conteneurs contenant des matières
dangereuses de classe 3, 4, 5, 6 et 8, en respectant les compatibilités
entre les produits. |
Coopération entre les pays concernés Conseil technique de l'industrie
chimique. |
|
ROSA M (*)(1997 – France) |
Mise en difficulté du navire (gite de plus de 20°), suite à un mauvais équilibrage des ballasts |
70 tonnes de matières dangereuses (gaz liquides, solides inflammables, substances corrosives, substances oxydantes) |
Travail d'intervention sur le navire en situation de risque chimique potentiel. |
Connaissance du manifeste de chargement du navire. Remorquage et échouement volontaire du navire hors zone portuaire (Cherbourg). Pompage de l'eau du ballast pour rééquilibrer le navire. |
Remorquage rapide du navire en difficulté. Nécessité d'une équipe spécialisée pour l'évaluation du risque chimique. |
|
APUS (*)(1998 – Hollande) |
Perte d'une remorque sur un ferry |
Perte d'un conteneur de la remorque contenant 2 100 boites d'allumes-feux, échoués sur le littoral |
Produit irritant pour l'homme (ureum-formaldehyde). Pollution sur l'environnement (kérosène). |
Ramassage sur les plages de plusieurs m3 de sable et d'allumes-feux échoués. Remboursement des frais engagés par le propriétaire. |
|
|
BAN -ANN (*)(1998 – Hollande) |
Rejet délibéré en mer de sachets de produits chimiques |
Sachets contenant un produit actif contenant du sulphur-phosphine (Detia-Ex-B) utilisé contre la vermine |
Produit réactif, réagissant à l'humidité pour former un gaz toxique. |
Récupération et destruction des sachets échoués sur le littoral. Poursuites judiciaires engagées contre le propriétaire et le capitaine du navire. |
|
|
EVER DECENT (*)(1999 –G.Bretagne) |
Collision du porte-conteneur avec un paquebot. Incendie à bord du porte-conteneur |
Quelques conteneurs de matières dangereuses, notamment cyanure, plomb organiques et pesticides |
Risque chimique lié à l'incendie à bord du navire. |
Remorquage du navire. Lutte contre l'incendie. Contrôle de la contamination de l'air (crainte de cyanure) |
Difficulté de connaître la nature exacte du chargement. |
|
TRANSPORT EN VRAC : PRODUITS QUI SE DISSOLVENT |
|||||
|
ANNA BROERE (*)(1988 – Hollande) |
Collision avec un autre navire |
Acrylonitrile (547 t) [DE]Dodecylbenzène (500 t) [F] |
Risque lié à l'acrylonitrile (Cf. Supra). |
Mise en place d'un périmètre de sécurité (10 milles pour la
navigation, 300 m pour le transport aérien). Essai non concluant de
relevage du navire. Découpe du navire en deux et allègement de la
cargaison. |
Durée d'une opération complexe : 2 mois. |
|
ALESSANDRO PRIMO (1991 – Italie) |
Naufrage consécutif à une tempête |
Acrylonitrile (549 tonneaux) [DE]Dichloroéthane (3013 t) [SD] |
Acrylonitrile produit toxique, in-flammable et explosible. Il génère
des vapeurs toxiques (HCN) en cas d'incendie. |
Localisation de l'épave (-108 m) par véhicule sous-marin télécommandé. Début des opérations de récupération de la cargaison 2 mois après l'accident (priorité à l'acrylonitrile). Durée totale de l'opération : 3 mois. Récupération de 900 t d'acrylonitrile et 2 750 t de dichloroéthane et 50 t d'eau de lavage. |
Bénéfice du retour d'expérience (naufrage de l'Anna Broere). Travail de récupération sous sécurité maximale (dispositif anti-incendie, instruction d'urgence au personnel d'intervention, travail avec vêtements de protection, service médical et d'évacuation sur place). |
|
PANAM PERLA (1998 –Atlantique) |
Incident sur le navire, rupture d'étanchéité de cuve |
Acide sulfurique (100 t) [D] |
Produit corrosif, réactif avec l'eau avec risque d'inflammation et d'explosion (formation d'hydrogène). Danger pour l'homme, impact sur l'environnement. |
Opération de récupération par pompage de l'acide (100 t) présent dans la double coque. Opération terminée 1 semaine après la reconnaissance de la fuite. Neutralisation de l'acide manquant (3,4 t) par du bicarbonate. |
Rapidité des opérations mises en œuvre. |
|
BAHAMAS (1998 – Brésil) |
Incident sur le navire (erreur de manipulation du système de pompage durant le déchargement) aboutissant à l'abandon final du navire |
Acide sulfurique (1 700 t) [D] |
(Cf. Supra). |
Une situation de crise interne au na-vire gardée secrète, aboutit à
une situation catastrophique. Aucune possibilité de stocker à terre ou
sur un autre navire l'acide dilué (très corrosif), neutralisation de
l'acide impossible par manque d'agent neutralisant basique. Pompage lent
de la cargaison et rejet dans le port à marée descendante, avec suivi
chimique du pH. Décision de justice de rejeter la cargaison en mer (opération
d'allègement avec un autre chimiquier) : 12 000 t d'acide. |
Erreurs initiales aboutissant à une situation de crise liées à la
vétusté du navire (28 ans d'âge) et à la compétence de l'équipage.
Absence de communication avec les autorités portuaires. |
|
® TRANSPORT EN VRAC – PRODUITS QUI FLOTTENT |
|||||
|
LINDENBANK (1975 – Hawaï) |
Echouement du navire sur un atoll |
Huile de noix de coco (18 000 t) [F] et autres produits alimentaires |
Impact environnemental. |
Renflouement du navire échoué sur un récif corallien. Déchargement dans l'eau de 18 000 t de cargaison. |
Impact environnemental lié à la nappe d'huile de noix de coco. |
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KIMYA (*)(1991 – GB) |
Echouement de navire au cours d'une tempête |
Huile de tournesol (1 500 t) [F] |
Impact environnemental. |
Renflouement du navire. |
Suivi environnemental confirmant l'impact d'un tel déversement sur le milieu intertidal. |
|
GRAPE ONE (*)(1993– G.Bretagne) |
Défaillance du navire (ballast) et naufrage du navire |
Xylène (3 041 t) [FE]. |
Faible polluant, mais très inflammable. |
Evacuation de l'équipage par hélitreuillage. Dérive et naufrage du navire et de sa cargaison en Manche. |
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N° 1 CHUNG MU (1995 – Chine) |
Collision à l'entrée du port de Zhanjrang avec un autre navire |
Déversement de 230 t de styrène [FE] |
Produit réactif (polymérisation exothermique), inflammable et irritant. Impact sur l'environnement (produits de la pêche et des cultures marines). |
Tentative de limiter la fuite et de confiner le déversement avec des
barrages. |
Intervention pour le colmatage de la brèche sans aucune protection (équipement de plongée adapté). |
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ALLEGRA (*)(1997 – France) |
Collision en Manche avec un autre navire (temps de brouillard) |
Huile de palmiste (700 t) [F] |
Impact environnemental. |
Suivi de la dérive du produit en mer (observation aérienne et
maritime). |
Coopération franco-britannique. |
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¯ PRODUITS EN VRAC QUI COULENT |
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NORDFRAKT (*)(1992 – Allemagne) |
Naufrage du navire dû au déplacement de la cargaison |
Sulfure de plomb ( 1 600 t) [S] |
Impact environnemental. |
Renflouement de l'épave et de sa cargaison. |
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FENES (1996 – France) |
Echouement du navire |
Perte de 2 600 t de blé [S] |
Fermentation du blé. Risque d'intoxication par les produits de fermentation gazeux (H2S) sur le personnel d'intervention. |
Pompage du fuel et huiles du navire. Pompage de la cargaison (blé) déposée par 20 m de fond ; transfert sur une barge et réimmersion en mer par hauts fonds. Dégagement de l'épave du navire. Durée totale de l'opération : 8 mois. |
Risque toxique (hydrogène sulfuré) lié à la fermentation du blé en mer, nécessitant du matériel de protection (masques) pour le personnel d'intervention. |
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° PRODUITS EN VRAC GAZEUX OU QUI S'EVAPORENT |
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YUYO MARU N°10(1974 – Japon) |
Collision dans la baie de Tokyo |
Propane, butane, naphta [G] |
Produits gazeux inflammables. |
Remorquage du navire et mouillage au large de la baie de Tokyo. |
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MULTITANK ASCANIA (*)(*)(1999 – GB) |
Incendie à bord du navire par mauvais temps |
Vinyl acétate (1 750 t) [ED] |
Produit inflammable et polymérisable, produit de nature possible cancérigène. |
Evacuation de l'équipage du fait de l'incendie à bord du navire. Dérive du navire à moins d'un demi-mile de la côte. Etablissement d'une zone temporaire d'exclusion de 5 km, nécessitant une évacuation de 200 habitants. Reconnaissance par hélicoptère des points chauds sur le navire (risque d'explosion) par caméra IR de navire. Prise en charge par un remorqueur |
Rôle bénéfique d'un exercice "chimique" deux semaines plus
tôt. |
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